Résistances numériques en contexte francophone

Révisitez ce dialogue à RightsCon, une invitation à connaître les initiatives, discours et postures qui cherchent contester, subvertir, refuser ou transformer les infrastructures et plateformes numériques dominantes et ce dans un horizon politique d’émancipation sociale dans le contexte francophone.

La francophonie est un territoire vaste, divers et mouvant, constitué d’un cadre linguistique commun, mais qui est aussi traversé par des relations coloniales ainsi que par des réseaux de soutien et de solidarité entre territoires et collectifs. On peut aussi noter qu’il existe une longue généalogie de personnes et de collectifs francophones qui ont développé une réflexion technocritique souvent très en prise avec les défis et problématiques que posaient le développement et l’arrivée de nouvelles technologies, montrant de quelles manière celles-ci étaient discriminantes ou alors libératrices pour différentes parties de la population.

Nous assistons actuellement à un renouveau intéressant, à la fois générationnel et intersectionnel, d’une partie de cette technocritique. Pourtant malgré sa richesse et sa diversité, cette tradition technocritique reste encore peu connue en dehors des territoires francophones, et il existe peu de passerelles entre celles-ci et les cultures technocritiques latino ou anglophones. Cela est sûrement bien dommage.

Ce panel a présenté quelques-unes des initiatives et luttes auxquelles participent les activistes derrière certaines résistances numériques francophones. Nous avons eu le grand plaisir d’accueillir Fatimata Diakité, une activiste féministe et blogueuse qui a rejoint l’équipe de Digital Defenders Partnership. Elle nous a fait part de son expérience de facilitatrice en matière de protection numérique auprès de diverses organisations de la société civile maliennes. Puis nous avons échangé avec Grégoire Pouget de l’organisation Nothing2Hide, une ONG spécialisée dans la sécurité numérique qui travaille en France, en Afrique et ailleurs auprès de journalistes et de membres de la société civile. Nous avons continué avec Stéphane Couture, professeur à l’université de Montréal, qui nous a parlé de l’expérience du Delta Lab et spécialement de l’organisation en 2024 des premières rencontres des résistances numériques en francophonie. Enfin, Taysir Mathlouthi de l’organisation 7amleh nous a parlé de leur travail de recensement de la censure du contenu pro-palestinien en ligne et de ses conséquences.

Écoutez la conversation ou téléchargez-la :

Les organisations internationales de défense des droits numériques devraient faire une place au multilinguisme et investir dans des infrastructures facilitant la traduction simultanée. Il s’agit d’une volonté politique que certains mouvements sociaux décident d’avoir. Or, lorsque l’on se ferme à cette possibilité, on exclut de la table beaucoup de personnes.

Il serait bon de compter sur plus d’instances facilitant les échanges et le réseautage entre les organisations qui défendent les droits numériques en français afin de créer des stratégies communes, des ressources partagées et peut-être œuvrer à créer plus de résilience du mouvement dans son ensemble.